ça vaut le coup d’être éphémère

J’avais peur.
Des conflits, de m’ennuyer, de me montrer en maillot de bain h24, de ne pas aimer la cuisine turque, de saturer des blagues lourdes des adultes, de ne pas m’entendre avec les enfants.
Qu’on soit trop nombreux aussi, et mal organisés.
Parce que oui, partir deux semaines en « croisière » sur la Méditerranée avec un groupe de 27 (33 avec l’équipage) c’est source d’angoisses.
Parce que oui, il y avait eu des petits problèmes pour réserver, des changements de prix et de plannings.
Parce que ces adultes, des amis de mes parents, j’ai beau me les coltiner depuis ma naissance, je ne les connais pas si bien, et leurs enfants encore moins.
Mais vous savez quoi?
J’ai peut-être passé les meilleures vacances de ma vie.
Évidemment, je dis ça parce que je viens de les vivre, que je n’ai pas eu une vie très longue ni très riche en expériences hors du commun et que j’ai tendance à exagérer un peu tout.
Mais j’ai pleuré en partant.
J’ai pleuré à cause de ce qui venait (la rentrée, le lycée, la pluie parisienne et les lessives) et de ce je quittais.
J’ai très envie de vous parler de ce voyage, mais je ne sais pas comment. C’est un peu tard pour vous faire un journal de bord, et un peu prétentieux de lister tout ce que j’ai fait.
Et puis j’ai tellement de choses à dire que ça peut facilement devenir long et inintéressant, ce qui n’est pas le but.
J’imagine qu’il faut s’y prendre méthodiquement, quand on veut synthétiser deux semaines de pur plaisir.
Le cadre était divin, inutile de le préciser. Des criques, des levers et couchers de soleil, des ruines…
La mer turquoise, la mer avec des tortues, la mer chaude, la mer avec des vagues, la mer avec des cités sous-marines, la mer où s’est baignée Cléopatre, la mer avec du plancton, la mer très salée, la mer paisible, la mer agitée. Et j’en passe.
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J’ai fait des choses sympas, aussi. Un bain de boue (glam), des visites, des balades, des marchés artisanaux, et puis des choses plus simples. Des jeux de société, des discussions de deux heures en équilibre sur une frite dans l’eau, des batailles de coussins…
J’ai bien mangé. J’ai trop mangé. Un peu de tout, jamais pareil. Des petits-déjeuners de roi. Pas tant de loukoums que ça. Beaucoup de fruits.
Le K. S. n’était pas un yacht mais une goélette, oscillant entre le bleu marine et noir. On en a jamais vu les voiles. Mais j’entend encore la sonnette qui annonçait le « lunch time » et qui s’accompagnait de sprints jusqu’au buffet. Le cri du captain quand il fallait aller se terrer dans les chambres parce qu’on va pas se le cacher, 33, c’était pas tout à fait le nombre de personnes autorisées sur le bateau.
J’aimais bien naviguer tôt le matin. Je me rendormais toujours après quelques minutes d’extase, mais c’était toujours plaisant.
J’étais fidèle à ma petite banquette à la belle étoile, qui servait le jour de banc. Les autres ne cessaient de changer de place pour dormir. Je passais mon temps à écouter ma musique, et puis aussi beaucoup celle des autres.
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Ces « autres ». Est-ce déjà le moment d’en parler? Sans doute étaient-ils le meilleur de ce séjour et ceux dont j’avais le plus à craindre.
Nous étions 10 « enfants ». Les guillemets sont légitimes puisque la tranche d’âge était de 8-22. Une « étendue » plutôt importante (cours de maths rpz) mais pourtant presque inexistante.
Parce que tout le monde s’entendait avec tout le monde. Pas d’exclu, pas de clan, juste certaines affinités plus marquées. Pour ma part, je restais surtout avec Olgache (elle s’appelle en vérité Olga mais elle n’est pas russe) qui était âgée de 16 ans, et avec les jumeaux qui avaient 22 ans (et qui une fois qu’on les connait de se ressemblent pas du tout, malgré ce que pense le reste ignorant de la populasse).
Je les aime d’amour, tous. Yvon, Hugo, Camille, Ninon, et même les « vieux ». Et Tan aussi, et surtout (Antoine, 8 ans, individu extrêmement mignon, surdoué et un peu exhibitionniste).
groupe (final)
Il me semble que j’ai oublié beaucoup de choses. Sans doute que ce qui ne m’est pas venu à l’esprit du premier coup ne vaut pas la peine d’être raconté, j’en ai déjà dit beaucoup.
Je vous passe les détails de l’équipage, dans l’ensemble charmant, à l’exception du capitaine sur lequel je crushais au début et qui est vite devenu un peu insistant et déplacé. Rien de grave, rassurez-vous, on s’est chargé de le remettre à sa place, le petit ours brun.
Bref, c’était cho-chouette.
Des gens que j’ai hâte de revoir, des paysages qui resteront gravé dans ma petite tête, un bronzage qui j’espère tiendra le coup jusqu’à la rentrée, des délires improbables et des souvenirs vraiment géniaux.
C’était l’instant cheesy, merci d’être encore là à lire ces lignes de ma vie qu’il me fallait vraiment écrire.
Racontez-moi vos vacances, même si c’était nul. Je me sentirais moins seule.
Oh, et au fait:
J’ai encore peur.
On en débrief le 2 septembre?

Et puis désolée pour mon absence mais on captait le wifi un jour sur quatre. Et puis c’est les vacances quoi.

Je vous luv. Bonne rentrée!

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10 réflexions sur “ça vaut le coup d’être éphémère

  1. j’aime beaucoup ton récit de vacances, des vacances qui ont l’air de t’avoir marquée d’ailleurs ! ⛵️
    le bateau faisait partie des miennes également mais sur le Danube. 🚢🔭
    je t’envoie du courage pour le 2 septembre 🌌😘

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