mais où va le monde?

Il semble que cela fait trop longtemps que je n’ai rien écrit, et je me sens un peu coupable. Pas parce que je dois quoique ce soit à quelqu’un, mais simplement parce que c’est un plaisir dont je me prive. Alors j’écris pour ne rien dire, j’écris pour entendre le bruit du clavier sous mes doigts, j’écris parce que ça me donne l’air intelligent, ce qui n’est bien sûr qu’une illusion. Le monde est fait d’illusions. Nous sommes tous aveuglés par les artifices que nous créons. Nous nous bernons (cf. Nicolas Berno ©Tonus), tous, entre nous, mais surtout chacun soi-même.
Il faut se croire intéressant, assez pour exposer sa vie aux autres, pour la détailler sur les réseaux sociaux comme nous ne le ferions même pas à nos parents.
Il faut se croire beau, pour faire des photos, donner l’impression d’une impossible perfection et la rendre soudain presque atteignable, créant un mal-être chez eux qui refusent de se travestir pour plaire, pour rendre jaloux et faire envie.
Il faut se croire sociable, et faire semblant d’être sincère, complimenter à foison, affubler des surnoms mignons et des emojis colorés.
Parce qu’on recherche là c’est l’amitié, l’amitié en surface, celle qui est jolie, qui rend bien sur Instagram, parce qu’il faut avoir des amis beaux et « stylés ». Parce que seule l’apparence compte, encore et toujours, que c’est elle qui prime, et que c’est elle qui est mise en avant.
C’est à travers elle que les gens vivent désormais, et chez certains cela devient même un besoin vital. Les likes, les commentaires, les réactions. Plus rien n’est fait pour soi. Il faut provoquer chez les autres quelque chose, l’envie, la jalousie, l’admiration, le rire.
Les gens ne profitent plus que si leurs amis, ou mêmes des inconnus, savent ce qu’ils font, savent qu’ils profitent, qu’ils ont les capacités ou les moyens financiers de faire ce qu’ils font. Il y a toujours quelque chose à prouver. Une légitimé à imposer.
Alors ils vont jusqu’à vivre des choses uniquement pour ces autres, ces autres qui baignés aussi dans l’illusion semblent croire qu’ils doivent s’y pencher, s’y intéresser, à ces insignifiantes vies exposées, disséquées à la face du monde.
Ils entretiennent ce désir de partage, de perte d’intimité, d’échanges hypocrites.
Une relation malsaine nait alors entre ceux qui se montrent et ceux qui regardent. Une certaine dépendance, des deux côtés.
Peut-être n’est-ce qu’un besoin d’amour, de reconnaissance, un besoin de célébrité éphémère.
C’est superficiel, mais ça n’en reste pas moins humain. On donne pour recevoir, à ce qu’il parait, et ceux qui s’exposent, réclament toujours quelque chose en retour. Et les gens sont prêts à donner. Le manque d’amour se ressent chez chaque parti.
Il semble que tout le monde soit touché par ce syndrome, souvent inconsciemment, sans jamais l’assumer. Car vouloir de l’amour, ce n’est pas quelque dont on est fier, ce qui s’oppose avec l’ampleur qu’ont pris les réseaux sociaux.
Et c’est triste.
Je crois.
(enfin j’sais pas hein enfin p’t’être…)

keur
Lili

PS: Ça s’applique évidemment à mon propre travail, et le but n’est évidemment pas de blesser qui que ce soit. (mais sorry not sorry)

PPS: il y a une super vidéo d’Absol sur les cas extrêmes de ce désir de célébrité, et on peut aussi citer l’histoire d’Essena O’Neill…
Bref le sujet n’est pas (et ne sera) jamais entièrement couvert, mais j’en suis naturellement venue à l’aborder (après des mois de «  » »réflexion » » »)

Publicités

Un commentaire à faire?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s