cinéma français is not dead

Ce que je vais dire va sembler très absurde, mais ne lisez pas cet article. Allez voir ces films comme moi, en n’en sachant que très peu, sans avoir regardé les bande-annonces ou les critiques. cinemafrancaisnotdead

Bonjour. Cet article pourrait s’apparenter à un manque d’inspiration (ce que je ne nierai pas en bloc), mais il s’agit davantage d’une réelle envie de partage.
Je suis allée au cinéma deux fois ces dernières semaines, brisant ma tirelire pour mon divertissement et enrichissement personnel, et je ne l’ai pas regretté.

On résume souvent le cinéma français aux comédies avec Kad Merad (sur lesquelles je ne crache pas, on a toujours besoin d’un Bienvenue chez les Chtis ou d’un Petit Nicolas dans sa vie), et il est assez courant d’entendre dire qu’il n’a plus rien à offrir face aux géants américains et britanniques.
J’avoue m’être moi-même déjà laissée aller à cette opinion populaire, mais je m’y oppose formellement dès à présent.
J’aurais voulu avoir trois films à vous présenter, pour plus d’esthétique, mais il se trouve que les deux dont j’ai à vous parler sont français, en salle, et traitent d’une jeunesse en quête d’identité, alors probablement vaut-il mieux se borner à ceux-ci.
Évidemment, je suis une quiche en cinéma donc je me trouve tout à fait incapable de vous faire une véritable analyse, que ce soit de la trame ou des plans, ou du cadrage. Je ne vous donne que mon maigre avis d’adolescente inculte, et vous pouvez totalement vous y opposer (ce serait même d’autant plus intéressant!)

Nocturama, de Bertrand Bonello, et Divines, de Houda Benyamina, sortis le 31 août, sont deux drames qui mettent uniquement en scène des jeunes (-25 ans). Ils sont principalement interprétés par des acteurs débutants (premier tournage pour la plupart d’entre eux), et si cela peut se sentir dans Nocturama (pas du tout dans Divines) cela rend la chose presque plus sincère et c’est une belle manière d’entamer une carrière.

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Nocturama dépeint une jeunesse qui veut agir. Ici, elle pose des bombes. On la suit sur 24h, elle déambule dans le métro, s’organise, communique, et puis se réfugie dans un grand magasin (la Samaritaine, dans le 1er) le temps d’une nuit, pendant que Paris s’affole et que Paris vit. On ne sait pas trop pourquoi, on ne sait pas trop comment. Ils viennent de milieux différents et seul un désir de révolte peut les rassembler. Ils brûlent des bâtiments symboliques, comme la statue de Jeanne d’Arc ou le ministère de l’Intérieur.
C’est cruel, de ne pas nous dire ce qui les anime, mais plutôt excitant.
En termes d’effets spéciaux, on a vu mieux, mais en 2h on ne s’y attarde que très peu.
2h ça paraît long, mais ça passe à toute vitesse. On serre trop les dents (ou le bras de son voisin) pour voir le temps qui passe.
On en ressort un peu retourné. C’est violent (il y a d’ailleurs un avertissement), et c’est réaliste. Trop, peut-être. Ç’a été écrit avant le 13 novembre, pourtant. Mais on croirait y être. C’est angoissant.

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Divines, c’est d’après la réalisatrice le désir de « casser le mythe de la banlieue ». Et elle le fait, grâce à Dounia et Maïmouna, deux lycéennes qui ont soif de réussite et d’argent, et qui vont dealer pour arriver à leurs fins.
Soyons francs, directement, j’ai fondu en larmes. Contrairement à Nocturama où les personnages sont nombreux et assez peu développés, on s’attache ici immédiatement à ces deux filles et à leur amitié. C’est un film extrêmement fort, parce qu’il est sincère et engagé. Houda Benyamina a d’ailleurs créé l’association 1000 visages qui veut « insuffler une dynamique plus ouverte et plus démocratique au cinéma français » en offrant la possibilité aux jeunes de quartiers plus populaires de faire du théâtre. Tous les acteurs du film viennent de ces cours, et ça se sent. Ils sont justes, et beaux, et émouvants (désolée si je suis un peu trop emphatique, ça m’a vraiment remuée). C’est un film dur, interdit aux moins de 12 ans, mais tellement intelligent. Il a d’ailleurs gagné la Caméra d’Or à Cannes cette année, et Houda (oui on l’appelle par son petit nom maintenant) en a profité pour faire un discours féministe qui a fait frémir quelques réacs…

Voilà ce que j’avais à en dire. Mais je trouve intéressant de vous confronter aussi brièvement à l’avis des gens qui m’ont accompagné dans mes périples cinématographiques.

La parole est aux autres.
Adèle, sur Divines:
« Je m’attendais à un film avec deux simples filles/deux amies de banlieue… mais ces filles sont justes extraordinaires. Je me suis vraiment pris une claque. J’ai réalisé à quel point on pouvait avoir du mérite et ne rien avoir en retour (à part une vraie vie de merde) pendant que moi sans problèmes et sans ambition j’étais tranquillement installée devant l’écran au ciné. »

Virgile, sur Divines:
« Un excellent film qui vaut la peine d’être vu. À éviter si vous êtes un fragile. »

Gaëtan, sur Nocturama:
« Nocturama est un de ces films traversés par le temps, ravagés par le temps. Un temps qui passe pour ne jamais s’arrêter ; notre époque.
Nocturama ne s’explique pas, il est une impulsion, il est un cri, il est le geste final, Nocturama est le poème d’une génération. »

Émile, sur both:
« Alors la belle Lili m’a demandé de faire une critique de deux films que nous avons vu ensemble, à quelques jours d’intervalle : Nocturama et Divines. Après réflexion, je me suis dit que les deux films, bien que très différents, avaient une certaine résonance et je trouve qu’ils ont le même fond. Ils parlent de la même chose.
Ils parlent d’une descente, de la quête d’un but qui échoue. Ces films montrent des gens qui agissent, qui tentent de faire sens. Ce sont des films de révolte, des films de passions. Des films de combats, de luttes. Des films que l’on oublie pas. »

(pour ceux qui seraient déconcerté par l’adjectif « belle » utilisé plus tôt, je signale en passant que le meilleur ami dont je parlais ici a upgradé sa place dans mon cœur (je vous ferai un boyfriend tag (clin d’œil clin d’œil)))

My reign is over (pas comme celui de Daenarys), dites moi ce que vous avez vu récemment (même hors salles) et que vous me conseillez, ma rentrée en première L me laisse plein de temps à consacrer à l’Internet (c’est faux).

See you soon avec le deuxième opus du cyberféminisme (j’en parle comme si c’était prêt mais j’ai pas commencé)
keur

Lili

ps: N’allez pas voir ces films un dimanche, n’allez pas voir ces films seul. Vraiment.

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5 réflexions sur “cinéma français is not dead

  1. pourquoi pas un dimanche ni seuls ??? cette dernière phrase m’a vraiment bouleversée parce que je comptais aller au ciné (seule) aujourd’hui ou demain alors stp explique toi haha
    alors ces deux films sont carrément dans ma liste de films français à checker en ce moment, avec Frantz aussi qui m’a l’air vraiment très bon (je pense le voir aujourd’hui), et ton article n’a fait que me conforter dans mon choix et me motiver encore plus!
    (trop mignon comment tu as annoncé l’upgrade de monsieur Emile parce qu’au début je me suis dis « mais on s’en fout, dire belle c’est juste affectueux et rigolo, rien de spécial » j’avoue)
    la bise

    J'aime

    • alors tu y es allée?
      je disais ça parce que pour moi il n’y a rien de plus triste que d’aller au cinéma le dimanche, ça me plonge dans une dépression sans limites. ma meilleure amie (Adèle, puisqu’elle est un peu famous) a vu Frantz et adoré…
      (aha j’avoue que ça me mettait un peu mal à l’aise alors je préférais préciser)

      Aimé par 1 personne

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