9:50

9:50, métro. Je porte un jean et une chemise correctement boutonnée, une tenue qu’on pourrait qualifier de neutre et non-connotée. Pourtant, l’homme en face de moi, fin quarantaine et chaînette en or autour du cou, se permet des regards insistants pendant les 10 stations qui font mon trajet. Il ne s’en cache même pas et ses yeux balayent tout mon corps, de manière quasi constante. Quand une autre jeune fille vient s’asseoir à côté de moi, il change de cible et c’est désormais ses jambes en collants qu’il fixe. La fille ne semble rien remarquer mais cela me permet d’observer sans crainte les faits et gestes de cet homme, que je qualifierais sans crainte de porc. Ses yeux brillent et je vois très bien qu’il imagine en son fort intérieur beaucoup de situations (impliqueraient-elles le consentement de cette inconnue?). Cette dernière quitte le wagon et son attention se porte à nouveau sur moi. Je voudrais aller m’asseoir ailleurs ou partir pour de bon. Mais je ne peux pas, alors je subis ce visage qui jubile et ce sourire en coin. Je ferme les yeux en espérant qu’il aura trouvé une occupation plus appropriée quand je les rouvrirai, mais il est toujours là, cet homme chauve et en costume, qui se rend probablement sur son lieu de travail.
Les agressions et interpellations ont encore du mal à etre reconnues comme des crimes et concrètement punies, alors que faire d’un simple regard pendant quelques dizaines de minute? Rien.
Je ne suis pas là pour lancer une révolution parce que je suis bien consciente qu’elle ne peut malheureusement pas avoir lieu. Je viens seulement poser la question: peut-on se déplacer quand on est une femme, peu importe son âge, sa tenue ou l’heure, sans craindre d’être sexualisée et dévorée par des yeux malsains?

Je ne suis pas un cas à part et ce n’est pas la première fois que ça m’arrive. C’est quelque chose de quotidien au dessus duquel on est sensé passer comme si c’était acceptable. On ne devrait pas l’intégrer dans la norme des rapports entre les gens dans les transports en commun ou dans la vie en général. Ce n’est pas banal, ce n’est pas anodin.
Et ce n’est que le premier niveau du harcèlement de rue. Viennent après les remarques déplacées, les attouchements et inévitablement le viol. Mais tout commence par ces regards et le nier c’est nier la présence d’un véritable danger pour la femme.
Les femmes ne devraient pas adapter leur mode de vie, leur façon de s’habiller ou leur comportement parce qu’elles ont peur d’une agression ou de simples yeux baladeurs.
J’écris sur le vif et c’est sans doute très confus mais ce genre de comportements n’est pas tolérable et certaines personnes osent encore dire que ces pratiques n’existent pas et qu’on a bien une égalité homme-femme en France.

Ne vous voilez pas la face.

« just because I move in a public space does not mean my body is a public space »

cinéma français is not dead

Ce que je vais dire va sembler très absurde, mais ne lisez pas cet article. Allez voir ces films comme moi, en n’en sachant que très peu, sans avoir regardé les bande-annonces ou les critiques. cinemafrancaisnotdead

Bonjour. Cet article pourrait s’apparenter à un manque d’inspiration (ce que je ne nierai pas en bloc), mais il s’agit davantage d’une réelle envie de partage.
Je suis allée au cinéma deux fois ces dernières semaines, brisant ma tirelire pour mon divertissement et enrichissement personnel, et je ne l’ai pas regretté.

On résume souvent le cinéma français aux comédies avec Kad Merad (sur lesquelles je ne crache pas, on a toujours besoin d’un Bienvenue chez les Chtis ou d’un Petit Nicolas dans sa vie), et il est assez courant d’entendre dire qu’il n’a plus rien à offrir face aux géants américains et britanniques.
J’avoue m’être moi-même déjà laissée aller à cette opinion populaire, mais je m’y oppose formellement dès à présent.
J’aurais voulu avoir trois films à vous présenter, pour plus d’esthétique, mais il se trouve que les deux dont j’ai à vous parler sont français, en salle, et traitent d’une jeunesse en quête d’identité, alors probablement vaut-il mieux se borner à ceux-ci.
Évidemment, je suis une quiche en cinéma donc je me trouve tout à fait incapable de vous faire une véritable analyse, que ce soit de la trame ou des plans, ou du cadrage. Je ne vous donne que mon maigre avis d’adolescente inculte, et vous pouvez totalement vous y opposer (ce serait même d’autant plus intéressant!)

Nocturama, de Bertrand Bonello, et Divines, de Houda Benyamina, sortis le 31 août, sont deux drames qui mettent uniquement en scène des jeunes (-25 ans). Ils sont principalement interprétés par des acteurs débutants (premier tournage pour la plupart d’entre eux), et si cela peut se sentir dans Nocturama (pas du tout dans Divines) cela rend la chose presque plus sincère et c’est une belle manière d’entamer une carrière.

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Nocturama dépeint une jeunesse qui veut agir. Ici, elle pose des bombes. On la suit sur 24h, elle déambule dans le métro, s’organise, communique, et puis se réfugie dans un grand magasin (la Samaritaine, dans le 1er) le temps d’une nuit, pendant que Paris s’affole et que Paris vit. On ne sait pas trop pourquoi, on ne sait pas trop comment. Ils viennent de milieux différents et seul un désir de révolte peut les rassembler. Ils brûlent des bâtiments symboliques, comme la statue de Jeanne d’Arc ou le ministère de l’Intérieur.
C’est cruel, de ne pas nous dire ce qui les anime, mais plutôt excitant.
En termes d’effets spéciaux, on a vu mieux, mais en 2h on ne s’y attarde que très peu.
2h ça paraît long, mais ça passe à toute vitesse. On serre trop les dents (ou le bras de son voisin) pour voir le temps qui passe.
On en ressort un peu retourné. C’est violent (il y a d’ailleurs un avertissement), et c’est réaliste. Trop, peut-être. Ç’a été écrit avant le 13 novembre, pourtant. Mais on croirait y être. C’est angoissant.

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Divines, c’est d’après la réalisatrice le désir de « casser le mythe de la banlieue ». Et elle le fait, grâce à Dounia et Maïmouna, deux lycéennes qui ont soif de réussite et d’argent, et qui vont dealer pour arriver à leurs fins.
Soyons francs, directement, j’ai fondu en larmes. Contrairement à Nocturama où les personnages sont nombreux et assez peu développés, on s’attache ici immédiatement à ces deux filles et à leur amitié. C’est un film extrêmement fort, parce qu’il est sincère et engagé. Houda Benyamina a d’ailleurs créé l’association 1000 visages qui veut « insuffler une dynamique plus ouverte et plus démocratique au cinéma français » en offrant la possibilité aux jeunes de quartiers plus populaires de faire du théâtre. Tous les acteurs du film viennent de ces cours, et ça se sent. Ils sont justes, et beaux, et émouvants (désolée si je suis un peu trop emphatique, ça m’a vraiment remuée). C’est un film dur, interdit aux moins de 12 ans, mais tellement intelligent. Il a d’ailleurs gagné la Caméra d’Or à Cannes cette année, et Houda (oui on l’appelle par son petit nom maintenant) en a profité pour faire un discours féministe qui a fait frémir quelques réacs…

Voilà ce que j’avais à en dire. Mais je trouve intéressant de vous confronter aussi brièvement à l’avis des gens qui m’ont accompagné dans mes périples cinématographiques.

La parole est aux autres.
Adèle, sur Divines:
« Je m’attendais à un film avec deux simples filles/deux amies de banlieue… mais ces filles sont justes extraordinaires. Je me suis vraiment pris une claque. J’ai réalisé à quel point on pouvait avoir du mérite et ne rien avoir en retour (à part une vraie vie de merde) pendant que moi sans problèmes et sans ambition j’étais tranquillement installée devant l’écran au ciné. »

Virgile, sur Divines:
« Un excellent film qui vaut la peine d’être vu. À éviter si vous êtes un fragile. »

Gaëtan, sur Nocturama:
« Nocturama est un de ces films traversés par le temps, ravagés par le temps. Un temps qui passe pour ne jamais s’arrêter ; notre époque.
Nocturama ne s’explique pas, il est une impulsion, il est un cri, il est le geste final, Nocturama est le poème d’une génération. »

Émile, sur both:
« Alors la belle Lili m’a demandé de faire une critique de deux films que nous avons vu ensemble, à quelques jours d’intervalle : Nocturama et Divines. Après réflexion, je me suis dit que les deux films, bien que très différents, avaient une certaine résonance et je trouve qu’ils ont le même fond. Ils parlent de la même chose.
Ils parlent d’une descente, de la quête d’un but qui échoue. Ces films montrent des gens qui agissent, qui tentent de faire sens. Ce sont des films de révolte, des films de passions. Des films de combats, de luttes. Des films que l’on oublie pas. »

(pour ceux qui seraient déconcerté par l’adjectif « belle » utilisé plus tôt, je signale en passant que le meilleur ami dont je parlais ici a upgradé sa place dans mon cœur (je vous ferai un boyfriend tag (clin d’œil clin d’œil)))

My reign is over (pas comme celui de Daenarys), dites moi ce que vous avez vu récemment (même hors salles) et que vous me conseillez, ma rentrée en première L me laisse plein de temps à consacrer à l’Internet (c’est faux).

See you soon avec le deuxième opus du cyberféminisme (j’en parle comme si c’était prêt mais j’ai pas commencé)
keur

Lili

ps: N’allez pas voir ces films un dimanche, n’allez pas voir ces films seul. Vraiment.

la crémière et son beurre

Il ne me viendrait pas à l’esprit de me plaindre de mon nombre d’abonnés, et je suis loin d’être en quête de célébrité.
Mais récemment m’est cependant venu une question: est-il plus simple d’avoir une audience fidèle (par là j’entends active et régulière) lorsqu’on se créé une réelle identité?

Même si ce blog tourne principalement autour de ma vie (peut-être trop), je trouve qu’il n’est pas évident de me décrire d’après ce que je poste. Certes, j’ai disséminé deux ou trois autoportraits, une photo de moi traîne probablement quelque part et mes premiers articles dépeignaient une image assez nette de moi à mes débuts… Mais plus ce blog évolue moins j’ai l’impression d’en révéler.
Ce n’est pas nécessairement quelque chose qui me manque, mais j’ai soudainement pris conscience de l’importance du « blogueur » (je hais ce terme) sur son blog, et de l’influence qu’il a sur sa propre notoriété.
Le créateur importe autant que le contenu.
Je m’explique.

Lorsqu’un internaute (que ce soit sur YouTube, Twitter ou sur un blog) se dévoile, qu’il poste des photos de lui ou des informations plus personnelles, on s’y attache.
On a l’impression de le connaître, ou on en a l’envie. On voudrait prendre de ses nouvelles, poser des questions plus intimes.
C’est le concept du vlog: quand quelqu’un se montre au quotidien, on semble y être intégré, et ainsi ces vlogs deviennent notre quotidien.
Il y a une addiction, à suivre un youtubeur ou une célébrité (quoique les deux se mélangent maintenant) dans l’aventure qu’est leur vie (ou ce qu’elle semble être, car bien souvent leur vie hors caméra n’est pas aussi palpitante).
Le concept du tag (sur yt ou sur la « blogosphère »), c’est de répondre à des questions, plutôt personnelles, de se découvrir un peu. Le TMI (too much information) tag avait en 2014 battu des records de vues et de reprises.
On peut se demander si c’est malsain, de vouloir entrer dans la sphère d’inconnus. Je trouve ça plutôt humain.
Nombre de youtubeurs qui gardent une certaine distance avec leur public (en terme de vie privée) se permettent quand même des FAQ/Q&A pour créer ce contact et laisser la curiosité des viewers s’immiscer dans du contenu politique ou scientifique.

Les lives YouTube ressemblent de plus en plus à des périscopes, où des vidéastes partagent leur ennui ou leurs petits tracas avec de grandes communautés.

Plusieurs chaînes (comme celle de Madmoizelle ou de FNU) interviewent des « gros morceaux » de Youtube pour lever le rideau sur l’envers du décor, le passé et les préférences de ces gens qu’on croît connaître en n’en sachant si peu.
C’est aussi la tendance de curiouscat, un genre de ask des temps modernes qui pullule sur twitter. On peut ainsi interroger X ou Y anonymement sur ses pratiques sexuelles ou son dernier achat.

Tous ces procédés créent chez l’internaute (encore un terme détestable, dont j’abuse désolée) une véritable identité, et c’est cette dernière qui le rend attachant et qui permet des vues, des likes, des commentaires réguliers. Il créé une communauté, qui partage souvent des private jokes ou des références, et qui se stimule toute seule (if it makes sense).

On peut ainsi se demander si tout ceci est bien naturel, et si certains n’essayent pas de nous attirer dans leur traquenard avec leurs sourires mièvres et leurs récits de vacances. Sont-ils tous conscients de la dépendance qu’ils provoquent sur une partie de leur public (souvent les plus jeunes)?

On peut aussi se demander si cette identité est bien réelle, car sur Internet il est de plus en plus difficile de discerner la fiction de la vérité. Il est ainsi aisé de voler l’image de quelqu’un (c’est le concept des catfish) ou d’en monter une de toutes pièces.

En bref, l’Internet est un endroit dangereux.

Pour ma part, je n’ai pas prévu de me travestir d’une quelconque manière et je ne suis pas sûre que le retour d’une « Lili plus dessinée » vous intéresse particulièrement.
Sinon je serais ravie de vous raconter à nouveau ma vie.

full love
xx

mais où va le monde?

Il semble que cela fait trop longtemps que je n’ai rien écrit, et je me sens un peu coupable. Pas parce que je dois quoique ce soit à quelqu’un, mais simplement parce que c’est un plaisir dont je me prive. Alors j’écris pour ne rien dire, j’écris pour entendre le bruit du clavier sous mes doigts, j’écris parce que ça me donne l’air intelligent, ce qui n’est bien sûr qu’une illusion. Le monde est fait d’illusions. Nous sommes tous aveuglés par les artifices que nous créons. Nous nous bernons (cf. Nicolas Berno ©Tonus), tous, entre nous, mais surtout chacun soi-même.
Il faut se croire intéressant, assez pour exposer sa vie aux autres, pour la détailler sur les réseaux sociaux comme nous ne le ferions même pas à nos parents.
Il faut se croire beau, pour faire des photos, donner l’impression d’une impossible perfection et la rendre soudain presque atteignable, créant un mal-être chez eux qui refusent de se travestir pour plaire, pour rendre jaloux et faire envie.
Il faut se croire sociable, et faire semblant d’être sincère, complimenter à foison, affubler des surnoms mignons et des emojis colorés.
Parce qu’on recherche là c’est l’amitié, l’amitié en surface, celle qui est jolie, qui rend bien sur Instagram, parce qu’il faut avoir des amis beaux et « stylés ». Parce que seule l’apparence compte, encore et toujours, que c’est elle qui prime, et que c’est elle qui est mise en avant.
C’est à travers elle que les gens vivent désormais, et chez certains cela devient même un besoin vital. Les likes, les commentaires, les réactions. Plus rien n’est fait pour soi. Il faut provoquer chez les autres quelque chose, l’envie, la jalousie, l’admiration, le rire.
Les gens ne profitent plus que si leurs amis, ou mêmes des inconnus, savent ce qu’ils font, savent qu’ils profitent, qu’ils ont les capacités ou les moyens financiers de faire ce qu’ils font. Il y a toujours quelque chose à prouver. Une légitimé à imposer.
Alors ils vont jusqu’à vivre des choses uniquement pour ces autres, ces autres qui baignés aussi dans l’illusion semblent croire qu’ils doivent s’y pencher, s’y intéresser, à ces insignifiantes vies exposées, disséquées à la face du monde.
Ils entretiennent ce désir de partage, de perte d’intimité, d’échanges hypocrites.
Une relation malsaine nait alors entre ceux qui se montrent et ceux qui regardent. Une certaine dépendance, des deux côtés.
Peut-être n’est-ce qu’un besoin d’amour, de reconnaissance, un besoin de célébrité éphémère.
C’est superficiel, mais ça n’en reste pas moins humain. On donne pour recevoir, à ce qu’il parait, et ceux qui s’exposent, réclament toujours quelque chose en retour. Et les gens sont prêts à donner. Le manque d’amour se ressent chez chaque parti.
Il semble que tout le monde soit touché par ce syndrome, souvent inconsciemment, sans jamais l’assumer. Car vouloir de l’amour, ce n’est pas quelque dont on est fier, ce qui s’oppose avec l’ampleur qu’ont pris les réseaux sociaux.
Et c’est triste.
Je crois.
(enfin j’sais pas hein enfin p’t’être…)

keur
Lili

PS: Ça s’applique évidemment à mon propre travail, et le but n’est évidemment pas de blesser qui que ce soit. (mais sorry not sorry)

PPS: il y a une super vidéo d’Absol sur les cas extrêmes de ce désir de célébrité, et on peut aussi citer l’histoire d’Essena O’Neill…
Bref le sujet n’est pas (et ne sera) jamais entièrement couvert, mais j’en suis naturellement venue à l’aborder (après des mois de «  » »réflexion » » »)

nuit et idées noires

“ferme les yeux
cernés par la vie
laisse toi bercer
par tes pensées
crains le jour
plus que la nuit
et va au lit
avec amour”

Bonjour bonsoir, il est tard et j’ai envie de parler.
Ça m’arrive souvent, mais il est rare que je sache de quoi.
La plupart du temps c’est juste un désir soudain, de pianoter sur mon clavier, de me donner de la contenance en parlant, de remplir le vide, physique et spirituel.
C’est angoissant le silence. J’entends mes écouteurs qui grésillent.
Je trouve ça horrible de vous imposer un article qui ne dit rien, alors je vous préviens.
Probablement que je vais small-talker, probablement que tout ceci ne sera jamais publié. Ce n’est pas bien grave, si?
Je m’étais imposée de publier quelque chose de travaillé, quelque chose de murement réfléchi, avec des sources et des recherches. Ce n’est pas moi, je crois. Je ne sais pas faire ça. Du coup j’ai attendu. Que ça vienne.
On ne sait jamais, parfois il suffit du temps.
Mais pas cette fois. Je ne veux pas me travestir ou essayer de changer mon style pour avoir l’air plus « comme il faut ». J’écris d’un jet, pas toujours très joliment et mes sujets sont assez surfaits (ou inexistants, comme aujourd’hui). Mais c’est à prendre ou à laisser. Encore une fois, je suis lasse de devoir contenter les gens.
Fuck les (o)rageux, et les loutres seront bien gardées.
Comme je n’ai rien à dire, je vais vous parler de moi. Remarquez la plupart des temps quand j’ai des choses à dire c’est aussi à mon propos. Mais c’est un autre débat.
Vous avez réclamé de mes nouvelles (faux), je vous ai fait attendre, mais « pas de nouvelles, bonnes nouvelles! » (faux).
À l’heure actuelle j’ai la migraine, je me suis fait spoilée Game of Thrones et je suis plus féministe que jamais (car à ce tumblr divin). Que du positif.
Et je fais des selfies dans le noir sur Photo Booth. Du fun à l’état pur.
Je me sens seule. Ainsi, vous allez me dire où vous êtes, et ce que vous faisiez juste avant de lire ces lignes minables, et quel est votre état d’esprit (c’est un mini questionnaire de Proust).
Peut-être que j’en ferai un article. Je n’en sais rien. Je ne sais pas grand chose. Je n’arrive plus à grand chose. Mais quand une porte se ferme, Dieu ouvre une fenêtre (merci la Mélodie du Bonheur pour cette belle leçon de positivisme).
Alors ça va.

Je vous laisse ma moodmusic, et je vous aime.

Lili.

portrait mobile

Je n’ai jamais montré de photo de moi (récente), pas seulement parce que je pense que c’est important de garder cette distance (étant donné que je raconte pas mal ma vie), mais aussi parce que j’ai beaucoup de mal à en trouver des qui me plaisent (disons que ma confiance et moi on est pas potes).
J’ai fait un autoportrait, ce weekend, et je me suis dit que je pourrais peut-être vous le partager, pour que vous « visualisiez ». C’est rassurant, parfois, de savoir qui on lit.
Mais je me trouvais beaucoup trop jolie sur ce dessin, trop lisse, et pas très moi-même. Hors je ne suis pas là pour m’idéaliser et donner l’impression que je suis un canon de beauté.
Alors j’ai gardé la première version de ce dessin, et puis j’en ai fait une autre, juste de mon visage. Le vrai, si je puis dire. Encore un peu trop parfait, bien sûr, c’est le style du dessin, mais c’était juste pour vous rappeler qu’on donne en ligne l’image (littéralement pour le coup) de nous que l’on veut, et qu’il est très simple de montrer quelque chose de déformé.
autoportraitvisage
Souvent, ça a plus de conséquences qu’on ne peut l’imaginer, et créer l’illusion de la perfection est parfois dangereux.
Personne n’est tout le temps « on fleek », et certains ne le sont jamais.
C’est pas bien grave (je crois), et je survis avec mes quelques boutons, mes cernes et mes joues constamment pivoine.
Parfois je brille, souvent j’ai les lèvres gercées et du mascara sur la paupière. Mais ça va. Je ne m’aime pas trop, mais j’ose espérer qu’il y a plus important.
Et j’estime ne pas avoir à vous faire croire que je suis jolie.
Je vous keur, peu importe à quoi vous ressemblez.
Et j’espère que vous aussi.

sadspiration

Mon horoscope m’a dit aujourd’hui « Si quelque chose vous chagrine, parlez en ! ». Je n’avais pas envie de mettre des mots dessus mais plutôt des images.

Aussitôt dit, aussitôt fait.
Si vous êtes guilleret et que la pluie ne vous a pas encore démoralisé vous pouvez passer votre chemin. Sinon, ça ne vous prendra pas longtemps.
large
Et vous, ça va?

keur
Lili

vivre pour plaire, plaire pour vivre?

J’avais déjà pensé à ça, et lu des choses sur le sujet, mais cela ne m’a vraiment frappé que lorsque ma mère m’a dit « enlève tes cheveux de tes yeux Lili, tu es plus jolie le visage dégagé« . Je ne me rappelle plus de l’échange exact mais je lui ait plus ou moins répondu que je ne vivais pas pour être jolie, et que je n’étais pas là pour plaire aux autres ou rendre bien dans le paysage. Elle a contesté qu’on ne pouvait pas vivre sans le regard du monde extérieur, ce avec quoi je suis totalement d’accord, mais il me semble que ce sont deux choses bien distinctes, et je pense être plutôt bien placée pour le savoir.
Je suis du genre parano, et donc souvent persuadée que tout le monde me regarde mal ou parle dans mon dos. Autant dire que l’opinion que chacun se fait de moi m’importe souvent beaucoup.
Mais je n’estime pas pour autant devoir faire des efforts pour contenter mon entourage.
Je ne veux même pas aborder le sujet des réseaux sociaux, qui sont une pêche à l’attention, aux compliments, et où il s’agit de se mettre le plus en valeur et en scène.
Je vous parle juste du quotidien.
Très tôt, on apprend aux petites filles (et petits garçons, mais cela me semble moins présent chez eux) à se tenir droites, à sourire, à ne pas tâcher leurs vêtements. Parce qu’il faut être présentable, que les gens vous voient bien: on doit toujours faire bonne impression.
large         
Mais parfois on a pas envie. Parfois on voudrait juste avoir les cheveux dans le visage et qu’on nous foute la paix. Bien sûr l’exemple est ridicule, mais tout part de cela.
Ma mère a ajouté, voyant qu’une amie était d’accord avec elle, « tu vois, on est deux à le penser… » comme si le fait que cet avis était partagé signifiait que je devais forcément le prendre en compte.
J’adore ma mère et je sais que ses intentions étaient honorables mais j’ai trouvé sa réflexion assez faible sur le moment, et j’étais pas mal colère.
Tout comme lorsque le lendemain une charmante gamine m’a fait remarqué avec une grande délicatesse que j’avais « un gros noeud dans les cheveux LÀ » et que mon collant était « troué ICI« .
Ce n’était pas bienveillant, c’était juste pour me faire remarquer que je n’avais pas fait tout ce qu’il fallait pour correspondre aux normes de jenesaisquelprincipe bidon qui fait qu’on ne peut pas se ronger les ongles, mettre les coudes sur la table ou sortir avec du mascara sur la paupière.

C’est pas un coup de gueule que je passe là, j’aimerais juste m’assurer que je ne suis pas la seule à être soulée de devoir plaire, autant par mon physique que par mon attitude.
Ça peut paraître un problème minime, et ç’en est sans doute un, mais c’est de cela que découlent beaucoup de choses graves, comme l’hypersexualisation, les normes de beauté et tout ce qui s’ensuit d’étiquettes que nous colle la société et de complexes qui viennent avec.
D’ailleurs j’en parlerai. Enfin, si ça vous intéresse. Il y a beaucoup à dire, sur le narcissisme 2.0, les contraintes de notre société et la sacralisation du corps et de l’image.
J’espère que c’était pas trop long/agressif/useless
Moi je vous keur, que vous vouliez me plaire ou pas.
(svp donnez moi vos avis je fais pas la pêche aux commentaires mais c’est tellement plus intéressant quand on interagit!)

émoi(s) de mai

Bonjour.
Je ne suis pas ici pour faire ami-ami mais pour vous imposer mes idées et mes convictions.
Mai est le meilleur mois de l’année, et voici pourquoi:
mai_muguetmai_températuremai_découvrementsmai_fériémai_annivmai_mamansmai_fin

Voilà, c’était mon premier article en dessins.
Je ne suis pas sûre d’être bonne à ça, mais j’avais envie d’essayer.
Excusez mon écriture tremblotante je suis nulle pour écrire à la tablette.
Dites moi si c’était sympa ou tout à fait sans intérêt.
J’vous keur (sauf si vous oubliez mon anniversaire)

Lili

aisance

Être à l’aise, c’est important. Je ne suis moi même pas la fille bien dans sa peau et super à son aise en toutes circonstances ; le rouge me vient facilement aux joues. Voici cependant quelques endroits où je me sens bien:

Mon quartier
Oui c’est extrêmement cliché et il me semble en avoir déjà parlé, mais j’adore l’endroit où je vis et je prend toujours un grand plaisir à le faire visiter aux gens.

Le métro
Mais pas n’importe lequel. Celui qui fait désormais partie de ma routine, que je côtoie parfois 4 fois par jour. Je commence à connaître par keur les gens qui le fréquentent, les tags, les stations et les panneaux publicitaires et il y a un côté rassurant.
Ça compte pas quand il est bondé et que je suffoque bien sur.

Sur une scène
Bon ça c’est pas toujours vrai, c’était juste pour me la jouer théâtrale un peu stylée. Il m’arrive de vouloir rester des heures comme de souhaiter m’enfoncer 6 pieds sous terre.

Chez Adèle
C’est peut être bizarre à dire, mais chez elle, je me sens un peu comme chez moi. C’est une question d’habitude j’imagine. Et je sais où est l’aspirateur.

Sur Internet
J’ai l’impression qu’Internet est un monde parallèle où les soucis de la vraie vie sont secondaires. Je me sens bien ici, sur mon blog, à vous raconter ma vie, ou devant des séries, ou sur des sites à caractère pornographique (retrouvez le mensonge parmi les vérités)

Dans mon nouveau pantalon
(oui c’est un crescendo d’étrangeté)
Ce jean a beau faire beaucoup parler (qualifié par certains de « beauf » ou de « Desigual ») moi je l’aime et je me sens bien quand je le porte donc fuck les rageux.

Dans les bras des gens
Pas ceux des inconnus ni du faux père Noël des Galeries Lafayettes. Avec les gens que j’aime ou avec qui j’ai partagé des trucs forts. Ou juste mon calinfriend attitré.

Avec certaines musiques

Je suis peut-être la seule dans ce cas de figure mais il y a des musiques qui me « mettent bien », pas comme on l’entend d’habitude mais simplement dans le sens où elles me rendent confiante et énergique.

Bon je pourrais encore en citer beaucoup comme mon lit ou ma famille ou mon placard sous l’escalier (retrouvez le mensonge parmi les vérités bis) mais j’ai suffisamment étalé de choses personnelles, la tartine est pleine. (je vous laisse un peu de temps pour comprendre)

Cet article est plutôt de type moyen mais c’était juste pour rester un peu régulière pendant que je suis far far away (comme Shrek).
Dîtes-moi où vous êtes à l’aise et surtout si vous êtes mal à l’aise quand je vous parle de mon nouveau jean.
De toute façon je vous keur.
Lili.

PS: oui je vous ai mis des photos sans aucun rapport pour le plaisir des yeux.