en toute intimité

Je m’étais promise de ne pas faire d’article sur mon couple, parce que les gens heureux qui étalent leur vie sur Internet ça peut vite être frustrant, voir gerbant. Et puis ce serait malaisant s’il me quittait dans deux jours avec ce post en ligne.
Mais je me sens coupable de vous envoyer tant d’ondes dépressives et puis aujourd’hui ça fait 6 mois, alors ça se fête. J’ai l’impression que c’était hier, que je tombais amoureuse, que je découvrais son nom, sa personnalité, son corps.
On se sent si niais quand on aime. On se sent sourire quand on reçoit un message, quand on le regarde, et on a beau penser à des bébés chats morts, il y a cette impossibilité de se débarrasser de cet air béat. Cette impossibilité de penser à autre chose, même quand la situation ne s’y prête pas du tout. On se retrouve à se rappeler de petits détails en plein milieu d’un examen, à penser à ses fossettes et à ses yeux noisette (pas sûre que ce soit la couleur exacte mais ça rime). Quand on regarde l’heure, dix minutes ont passé.
Et ça va encore plus vite quand on est ensemble.
On imagine assez difficilement que l’ennui puisse être quelque chose d’agréable. On associe souvent ça au travail, à la solitude ou aux tâches qu’on nous impose.
Mais s’ennuyer avec quelqu’un qui nous plait, ne rien faire, traîner dans un lit, faire la grasse matinée, se fixer pendant des heures, s’effleurer, regarder des dessins animés, pleurer, reporter à plus tard les choses importantes et se dire qu’on va rester là toute la vie, il n’y a rien de plus reposant.
Et le temps passe si lentement et à la fois si vite.
Mais quelqu’un doit toujours partir. Et l’autre se sent abandonné.
C’est pas qu’on veut, mais on a 16 ans, des parents, des contraintes.
Vit-on vraiment un jour contrôlé par l’amour?
Il semble qu’il ne soit jamais autorisé de s’y adonner complètement. Il n’y a pas de « congé amour », pour les nouveaux couples, pour apprendre à se connaître, à se toucher, avant de devoir faire face à la routine.
Je crois qu’on est plus vraiment un nouveau couple. J’ai l’impression qu’il sait toujours ce que je vais lui répondre, qu’il sait toujours que je vais lui voler son briquet ou lui dire que ses cheveux sentent le Petit Marseillais.
Ça peut sembler anodin, tout ça, cette histoire, dans ma petite vie d’adolescente dans ce petit monde de 7 milliards d’êtres humains.
Mais s’il y a quelque chose dont je manquais, ce n’est pas d’amour, mais de confiance. En moi, en les autres aussi. Et il m’en donne beaucoup. Quand il dit m’aimer j’arrive presque à le croire, et parfois je me trouve belle dans ses yeux.
C’est un bon début.
Encore six mois et je vous écrirai des posts sur les pâquerettes et la beauté du ciel.

traîner son las

J’ai mis un certain temps à trouver le mot qui pourrait définir mon « mood ».
J’aurais pu céder à la facilité avec un simple vide, qui ne demande pas d’explications, ou triste, qui englobe un peu tout et rien.
Mais ce n’est pas tout à fait ça, et je cherchais la nuance, l’adjectif exact, parce que la précision sur les termes, c’est important.

C’est fade.
Le mot approprié, celui qui décrit presque à la perfection ce que je ressens régulièrement ces derniers temps.
Je n’ai plus goût aux choses. Je ne dis pas ça comme si j’étais à deux doigts de me jeter par la fenêtre (quoique) mais tout simplement parce que c’est le bilan que je fais de cette nouvelle année.
Il y a cette lassitude qui m’habite et me prend soudainement, et alors plus rien n’a de sens, plus rien n’a d’intérêt. En soirée, je mets de la musique sans être capable de danser dessus. Je me sers des shots en imaginant qu’ils me donneront une illusoire énergie et envie. Mais je ne trouve même pas la force de les porter à mes lèvres, je me rabat sur un jus multifruits qui passe dans ma gorge et mon œsophage sans même que j’en sente la texture ou la saveur.
Même regarder des séries ou des vidéos youtube est devenu insipide. Peut-être que je l’ai trop fait, peut-être que j’ai épuisé mon stock d’émerveillement et de naïveté. Que je ne découvre plus rien.
Et alors que j’adorais les journées de mon enfance passées au lit, me voilà aujourd’hui malade et je n’ai le désir de rien. Je pourrais faire un marathon Toy Story, manger n’importe quoi, dormir pendant 12h, mettre de la musique à fond mais je me morfonds.
Même pleurer n’est pas libérateur. Ma toux est sèche, mes larmes aussi, et je n’attends rien.
Souvent les gens s’accrochent à un projet, un évènement, quelque chose jusqu’auquel ils doivent survivre, quelque chose qui vaut le coup.
J’ai l’impression que tout ce qui m’attend en 2017 est angoissant: des examens, la potentielle mort de ma grand-mère, une opération chirurgicale. Rien qui ne me donne envie de me lever, de me traiter, d’aller mieux.
Et je suis égoïste, alors je ne prends que très rarement la peine de faire semblant.
J’ai peur d’être contagieuse. D’enlever aux autres leurs sens, la saveur de leurs plats.
Je sais qu’il faudrait faire des efforts, sourire un peu plus, positiver, donner de la valeur aux choses. Mais ces choses ne m’atteignent pas. Les bonnes notes, le soucis qu’on se fait pour moi, le mal que je fais aux autres. Un instant j’y pense et celui d’après j’ai déjà oublié.
Il y a quelques minutes je pleurais parce que tel personnage était mort, puis parce que cette chanson était quand même drôlement triste. Maintenant j’ai retrouvé un visage fermé, et même les gifs de chats mignons sur Twitter ont du mal à m’arracher un sourire.
Je vis sur le court terme. J’attends mon amoureux, qui viendra prendre soin de moi après les cours, et après cela, plus rien. Il y a bien nos 6 mois vendredi prochain, cette soirée au théâtre dans une semaine, les soldes, mais est-ce que j’en ai vraiment quelque chose à foutre?
Les gens autour de moi vont mal, le ciel est gris (les sapins dessinent…), alors pourquoi sortir de ce lit? Mieux vaut trouver une grotte et y hiberner jusqu’au retour du beau temps.

Ma salive est sucrée, mon corps est tiède; je me sens fade. (Sartre, La Nausée, 1938)

Mes jours comme mes nuits sont en tout point pareils. Sans joie et plein d’ennui. (Françoise Hardy, Tous les garçons et les filles, 1962)

météo

parfois je suis triste et je ne sais pas trop pourquoi. souvent en fait. paraît qu’il faut en parler. j’ai un psy du coup. je lui parle. ça m’aide un peu, sur le moment. après je suis triste à nouveau. c’est un cercle vicieux.
c’est une tristesse inexplicable, un petit soleil dans ma vie. parfois les nuages la cache et j’oublie, et puis soudain un coup de vent et la voilà. elle m’éblouit, un peu. je ne peux pas trop m’en protéger, et mettre des lunettes n’est qu’une illusion. les gens croient que ça va, mais tout le monde sait que mes lunettes ont couté trois euros et ne masquent rien, et surtout pas des larmes. elles sont juste cachées derrière les verres noirs, et ça suffit pour prétendre aller bien. pourtant c’est triste le noir. qu’est-ce qui ne l’est pas?
je suis un zombie de la dépression. c’est joli comme titre, non?
les autres aussi sont tristes, mais il leur reste un peu d’énergie pour faire des efforts. moi pas, alors je les contamine et on se complait tous dans la tristesse.
c’est comme un pré-suicide collectif.
on pourrait croire que c’est mieux à plusieurs, mais je pense que c’est pire. personne pour rattraper les autres. quelqu’un pleure et puis le Niagara et ses fameuses chutes. on tombe avec les larmes. il faut se relever, mais une fois que tout le monde est par terre c’est un peu compliqué.
on est bien allongé. on a moins mal. on fixe le soleil, sans pour autant le comprendre, et on attend. on attend la fin du beau temps.
mais la fin c’est la mort et mieux vaut mourir debout que vivre à genoux. alors on rassemble nos forces et de nos petites mains qui tremblent on se remet sur pied. ça tangue. c’est la tristesse qui fait ça. plus trop de repères. personne à qui se tenir.
et puis ça va mieux. on ne sait pas trop pourquoi, on ne sait pas trop comment. tout va vite et tout recommence. on sourit. ça va. peut-être pas pour longtemps, mais c’est déjà ça. on attend qu’il pleuve, maintenant.

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9:50

9:50, métro. Je porte un jean et une chemise correctement boutonnée, une tenue qu’on pourrait qualifier de neutre et non-connotée. Pourtant, l’homme en face de moi, fin quarantaine et chaînette en or autour du cou, se permet des regards insistants pendant les 10 stations qui font mon trajet. Il ne s’en cache même pas et ses yeux balayent tout mon corps, de manière quasi constante. Quand une autre jeune fille vient s’asseoir à côté de moi, il change de cible et c’est désormais ses jambes en collants qu’il fixe. La fille ne semble rien remarquer mais cela me permet d’observer sans crainte les faits et gestes de cet homme, que je qualifierais sans crainte de porc. Ses yeux brillent et je vois très bien qu’il imagine en son fort intérieur beaucoup de situations (impliqueraient-elles le consentement de cette inconnue?). Cette dernière quitte le wagon et son attention se porte à nouveau sur moi. Je voudrais aller m’asseoir ailleurs ou partir pour de bon. Mais je ne peux pas, alors je subis ce visage qui jubile et ce sourire en coin. Je ferme les yeux en espérant qu’il aura trouvé une occupation plus appropriée quand je les rouvrirai, mais il est toujours là, cet homme chauve et en costume, qui se rend probablement sur son lieu de travail.
Les agressions et interpellations ont encore du mal à etre reconnues comme des crimes et concrètement punies, alors que faire d’un simple regard pendant quelques dizaines de minute? Rien.
Je ne suis pas là pour lancer une révolution parce que je suis bien consciente qu’elle ne peut malheureusement pas avoir lieu. Je viens seulement poser la question: peut-on se déplacer quand on est une femme, peu importe son âge, sa tenue ou l’heure, sans craindre d’être sexualisée et dévorée par des yeux malsains?

Je ne suis pas un cas à part et ce n’est pas la première fois que ça m’arrive. C’est quelque chose de quotidien au dessus duquel on est sensé passer comme si c’était acceptable. On ne devrait pas l’intégrer dans la norme des rapports entre les gens dans les transports en commun ou dans la vie en général. Ce n’est pas banal, ce n’est pas anodin.
Et ce n’est que le premier niveau du harcèlement de rue. Viennent après les remarques déplacées, les attouchements et inévitablement le viol. Mais tout commence par ces regards et le nier c’est nier la présence d’un véritable danger pour la femme.
Les femmes ne devraient pas adapter leur mode de vie, leur façon de s’habiller ou leur comportement parce qu’elles ont peur d’une agression ou de simples yeux baladeurs.
J’écris sur le vif et c’est sans doute très confus mais ce genre de comportements n’est pas tolérable et certaines personnes osent encore dire que ces pratiques n’existent pas et qu’on a bien une égalité homme-femme en France.

Ne vous voilez pas la face.

« just because I move in a public space does not mean my body is a public space »

la crémière et son beurre

Il ne me viendrait pas à l’esprit de me plaindre de mon nombre d’abonnés, et je suis loin d’être en quête de célébrité.
Mais récemment m’est cependant venu une question: est-il plus simple d’avoir une audience fidèle (par là j’entends active et régulière) lorsqu’on se créé une réelle identité?

Même si ce blog tourne principalement autour de ma vie (peut-être trop), je trouve qu’il n’est pas évident de me décrire d’après ce que je poste. Certes, j’ai disséminé deux ou trois autoportraits, une photo de moi traîne probablement quelque part et mes premiers articles dépeignaient une image assez nette de moi à mes débuts… Mais plus ce blog évolue moins j’ai l’impression d’en révéler.
Ce n’est pas nécessairement quelque chose qui me manque, mais j’ai soudainement pris conscience de l’importance du « blogueur » (je hais ce terme) sur son blog, et de l’influence qu’il a sur sa propre notoriété.
Le créateur importe autant que le contenu.
Je m’explique.

Lorsqu’un internaute (que ce soit sur YouTube, Twitter ou sur un blog) se dévoile, qu’il poste des photos de lui ou des informations plus personnelles, on s’y attache.
On a l’impression de le connaître, ou on en a l’envie. On voudrait prendre de ses nouvelles, poser des questions plus intimes.
C’est le concept du vlog: quand quelqu’un se montre au quotidien, on semble y être intégré, et ainsi ces vlogs deviennent notre quotidien.
Il y a une addiction, à suivre un youtubeur ou une célébrité (quoique les deux se mélangent maintenant) dans l’aventure qu’est leur vie (ou ce qu’elle semble être, car bien souvent leur vie hors caméra n’est pas aussi palpitante).
Le concept du tag (sur yt ou sur la « blogosphère »), c’est de répondre à des questions, plutôt personnelles, de se découvrir un peu. Le TMI (too much information) tag avait en 2014 battu des records de vues et de reprises.
On peut se demander si c’est malsain, de vouloir entrer dans la sphère d’inconnus. Je trouve ça plutôt humain.
Nombre de youtubeurs qui gardent une certaine distance avec leur public (en terme de vie privée) se permettent quand même des FAQ/Q&A pour créer ce contact et laisser la curiosité des viewers s’immiscer dans du contenu politique ou scientifique.

Les lives YouTube ressemblent de plus en plus à des périscopes, où des vidéastes partagent leur ennui ou leurs petits tracas avec de grandes communautés.

Plusieurs chaînes (comme celle de Madmoizelle ou de FNU) interviewent des « gros morceaux » de Youtube pour lever le rideau sur l’envers du décor, le passé et les préférences de ces gens qu’on croît connaître en n’en sachant si peu.
C’est aussi la tendance de curiouscat, un genre de ask des temps modernes qui pullule sur twitter. On peut ainsi interroger X ou Y anonymement sur ses pratiques sexuelles ou son dernier achat.

Tous ces procédés créent chez l’internaute (encore un terme détestable, dont j’abuse désolée) une véritable identité, et c’est cette dernière qui le rend attachant et qui permet des vues, des likes, des commentaires réguliers. Il créé une communauté, qui partage souvent des private jokes ou des références, et qui se stimule toute seule (if it makes sense).

On peut ainsi se demander si tout ceci est bien naturel, et si certains n’essayent pas de nous attirer dans leur traquenard avec leurs sourires mièvres et leurs récits de vacances. Sont-ils tous conscients de la dépendance qu’ils provoquent sur une partie de leur public (souvent les plus jeunes)?

On peut aussi se demander si cette identité est bien réelle, car sur Internet il est de plus en plus difficile de discerner la fiction de la vérité. Il est ainsi aisé de voler l’image de quelqu’un (c’est le concept des catfish) ou d’en monter une de toutes pièces.

En bref, l’Internet est un endroit dangereux.

Pour ma part, je n’ai pas prévu de me travestir d’une quelconque manière et je ne suis pas sûre que le retour d’une « Lili plus dessinée » vous intéresse particulièrement.
Sinon je serais ravie de vous raconter à nouveau ma vie.

full love
xx

mais où va le monde?

Il semble que cela fait trop longtemps que je n’ai rien écrit, et je me sens un peu coupable. Pas parce que je dois quoique ce soit à quelqu’un, mais simplement parce que c’est un plaisir dont je me prive. Alors j’écris pour ne rien dire, j’écris pour entendre le bruit du clavier sous mes doigts, j’écris parce que ça me donne l’air intelligent, ce qui n’est bien sûr qu’une illusion. Le monde est fait d’illusions. Nous sommes tous aveuglés par les artifices que nous créons. Nous nous bernons (cf. Nicolas Berno ©Tonus), tous, entre nous, mais surtout chacun soi-même.
Il faut se croire intéressant, assez pour exposer sa vie aux autres, pour la détailler sur les réseaux sociaux comme nous ne le ferions même pas à nos parents.
Il faut se croire beau, pour faire des photos, donner l’impression d’une impossible perfection et la rendre soudain presque atteignable, créant un mal-être chez eux qui refusent de se travestir pour plaire, pour rendre jaloux et faire envie.
Il faut se croire sociable, et faire semblant d’être sincère, complimenter à foison, affubler des surnoms mignons et des emojis colorés.
Parce qu’on recherche là c’est l’amitié, l’amitié en surface, celle qui est jolie, qui rend bien sur Instagram, parce qu’il faut avoir des amis beaux et « stylés ». Parce que seule l’apparence compte, encore et toujours, que c’est elle qui prime, et que c’est elle qui est mise en avant.
C’est à travers elle que les gens vivent désormais, et chez certains cela devient même un besoin vital. Les likes, les commentaires, les réactions. Plus rien n’est fait pour soi. Il faut provoquer chez les autres quelque chose, l’envie, la jalousie, l’admiration, le rire.
Les gens ne profitent plus que si leurs amis, ou mêmes des inconnus, savent ce qu’ils font, savent qu’ils profitent, qu’ils ont les capacités ou les moyens financiers de faire ce qu’ils font. Il y a toujours quelque chose à prouver. Une légitimé à imposer.
Alors ils vont jusqu’à vivre des choses uniquement pour ces autres, ces autres qui baignés aussi dans l’illusion semblent croire qu’ils doivent s’y pencher, s’y intéresser, à ces insignifiantes vies exposées, disséquées à la face du monde.
Ils entretiennent ce désir de partage, de perte d’intimité, d’échanges hypocrites.
Une relation malsaine nait alors entre ceux qui se montrent et ceux qui regardent. Une certaine dépendance, des deux côtés.
Peut-être n’est-ce qu’un besoin d’amour, de reconnaissance, un besoin de célébrité éphémère.
C’est superficiel, mais ça n’en reste pas moins humain. On donne pour recevoir, à ce qu’il parait, et ceux qui s’exposent, réclament toujours quelque chose en retour. Et les gens sont prêts à donner. Le manque d’amour se ressent chez chaque parti.
Il semble que tout le monde soit touché par ce syndrome, souvent inconsciemment, sans jamais l’assumer. Car vouloir de l’amour, ce n’est pas quelque dont on est fier, ce qui s’oppose avec l’ampleur qu’ont pris les réseaux sociaux.
Et c’est triste.
Je crois.
(enfin j’sais pas hein enfin p’t’être…)

keur
Lili

PS: Ça s’applique évidemment à mon propre travail, et le but n’est évidemment pas de blesser qui que ce soit. (mais sorry not sorry)

PPS: il y a une super vidéo d’Absol sur les cas extrêmes de ce désir de célébrité, et on peut aussi citer l’histoire d’Essena O’Neill…
Bref le sujet n’est pas (et ne sera) jamais entièrement couvert, mais j’en suis naturellement venue à l’aborder (après des mois de «  » »réflexion » » »)

aquarellixir (de vie)

aquarelle [n. f.]: peinture délayée à l’eau, légère, transparente, appliquée le plus souvent sur du papier blanc.

Si vous me demandez ce que j’ai fait ces derniers jours, la réponse tient en trois mots: de l’aquarelle
Là, on peut se demander si un article entier sur mes quelques gribouillages était vraiment nécessaire, ce à quoi je répond oui.
Je veux pas faire la pseudo-artiste (surtout que ce terme est un sujet de débat constant) ni prétendre que ça a « changé ma vie », mais bordel qu’est ce que j’aime ça.
J’ai l’habitude d’entamer un carnet de dessin (format A4) chaque été dans le but de pouvoir me gausser dans un futur proche de mes compétences dans le domaine « artistique » (j’emploie des guillemets pour ne pas créer de polémique) et des thèmes qui animaient mes « créations » pendant mes plus tendres années.
Usuellement je me munis d’un crayon ou d’un stylo en tant qu’arme, quand j’attaque du papier, mais cette année j’ai retrouvé la boîte d’aquarelles de poche que mon géniteur m’avait offerte, et j’ai été prise par l’envie de me lancer pendant un séjour à la campagne  -sans doute influencée par les images mentales d’aquarelles de paysages ou de fleurs (je vous pose le contexte parce que j’ai assez peu à dire en vérité).

Bon le suspens n’est pas à son comble, le simple concept de l’article spoilait que c’était mon crush de la semaine.
Et c’est sans doute ridicule de dire une chose pareille mais c’est tout simplement apaisant. Je ne sais pas si c’est si c’est parce que c’est si fluide, transparent, maniable (?) et aqueux (ce mot est particulièrement laid, lâchez un com’ si vous êtes d’accord) mais je trouve ça extrêmement agréable.
Et puis il faut dire qu’en plus de la technique, j’ai surtout « peint » (je trouve que ce mot ne correspond pas à ce que je fais mais il semble ce que ce soit le seul disponible) du texte (surtout des citations de chansons ou de livres) ou des choses « intimes » (voir les deux en même temps, on m’appelle le couteau-suisse)
Et c’est très libérateur, de poser les choses sur le papier, de mettre des mots et des formes sur ce qu’on ressent et de faire des choses qui nous « parlent » (littéralement en plus) et pas juste des filles plus belles que je ne le serai jamais comme j’ai l’habitude d’esquisser.

Voilà, l’aquarelle est donc devenue une des mes activités préférées, j’accumule déjà une trentaine de pages en seulement quelques jours et un certain nombre  de nuits (ou matinées plutôt) passées à faire ça.
L’intérêt de tout ceci est assez minime pour vous donc pour vous « entertain » un peu (car oui je suis bilingue) je vais vous montrer quelques uns de mes chef-d’œuvres (c’est évidement ironique, je débute, soyez indulgents)

1_rip1_sens

2_enfant2_runforyourlife2_submarine2_takemybreath

bloodjesaignementalpoem
(désolée le papier est gondolé mais il n’est pas vraiment adapté à cette utilisation – vous pouvez cliquer dessus pour voir mieux (si vous voulez (ce qui serait surprenant (mais je juge pas))))

Bon voilà, je me voyais mal de ne pas vous parler de cette nouvelle obsession mais je ne nie pas que c’est pas le sujet le plus élaboré que j’ai abordé.
C’est les vacances alors mon cerveau est cramé.
keur

(aussi désolée j’ai abusé des parenthèses)

« Quand on applique l’esprit à une chose aussi simple et aussi innocente que de peindre une aquarelle, on oublie un peu de l’angoisse qui naît de notre appartenance à un monde devenu fou. » – Henry Miller

nuit et idées noires

“ferme les yeux
cernés par la vie
laisse toi bercer
par tes pensées
crains le jour
plus que la nuit
et va au lit
avec amour”

Bonjour bonsoir, il est tard et j’ai envie de parler.
Ça m’arrive souvent, mais il est rare que je sache de quoi.
La plupart du temps c’est juste un désir soudain, de pianoter sur mon clavier, de me donner de la contenance en parlant, de remplir le vide, physique et spirituel.
C’est angoissant le silence. J’entends mes écouteurs qui grésillent.
Je trouve ça horrible de vous imposer un article qui ne dit rien, alors je vous préviens.
Probablement que je vais small-talker, probablement que tout ceci ne sera jamais publié. Ce n’est pas bien grave, si?
Je m’étais imposée de publier quelque chose de travaillé, quelque chose de murement réfléchi, avec des sources et des recherches. Ce n’est pas moi, je crois. Je ne sais pas faire ça. Du coup j’ai attendu. Que ça vienne.
On ne sait jamais, parfois il suffit du temps.
Mais pas cette fois. Je ne veux pas me travestir ou essayer de changer mon style pour avoir l’air plus « comme il faut ». J’écris d’un jet, pas toujours très joliment et mes sujets sont assez surfaits (ou inexistants, comme aujourd’hui). Mais c’est à prendre ou à laisser. Encore une fois, je suis lasse de devoir contenter les gens.
Fuck les (o)rageux, et les loutres seront bien gardées.
Comme je n’ai rien à dire, je vais vous parler de moi. Remarquez la plupart des temps quand j’ai des choses à dire c’est aussi à mon propos. Mais c’est un autre débat.
Vous avez réclamé de mes nouvelles (faux), je vous ai fait attendre, mais « pas de nouvelles, bonnes nouvelles! » (faux).
À l’heure actuelle j’ai la migraine, je me suis fait spoilée Game of Thrones et je suis plus féministe que jamais (car à ce tumblr divin). Que du positif.
Et je fais des selfies dans le noir sur Photo Booth. Du fun à l’état pur.
Je me sens seule. Ainsi, vous allez me dire où vous êtes, et ce que vous faisiez juste avant de lire ces lignes minables, et quel est votre état d’esprit (c’est un mini questionnaire de Proust).
Peut-être que j’en ferai un article. Je n’en sais rien. Je ne sais pas grand chose. Je n’arrive plus à grand chose. Mais quand une porte se ferme, Dieu ouvre une fenêtre (merci la Mélodie du Bonheur pour cette belle leçon de positivisme).
Alors ça va.

Je vous laisse ma moodmusic, et je vous aime.

Lili.

vivre pour plaire, plaire pour vivre?

J’avais déjà pensé à ça, et lu des choses sur le sujet, mais cela ne m’a vraiment frappé que lorsque ma mère m’a dit « enlève tes cheveux de tes yeux Lili, tu es plus jolie le visage dégagé« . Je ne me rappelle plus de l’échange exact mais je lui ait plus ou moins répondu que je ne vivais pas pour être jolie, et que je n’étais pas là pour plaire aux autres ou rendre bien dans le paysage. Elle a contesté qu’on ne pouvait pas vivre sans le regard du monde extérieur, ce avec quoi je suis totalement d’accord, mais il me semble que ce sont deux choses bien distinctes, et je pense être plutôt bien placée pour le savoir.
Je suis du genre parano, et donc souvent persuadée que tout le monde me regarde mal ou parle dans mon dos. Autant dire que l’opinion que chacun se fait de moi m’importe souvent beaucoup.
Mais je n’estime pas pour autant devoir faire des efforts pour contenter mon entourage.
Je ne veux même pas aborder le sujet des réseaux sociaux, qui sont une pêche à l’attention, aux compliments, et où il s’agit de se mettre le plus en valeur et en scène.
Je vous parle juste du quotidien.
Très tôt, on apprend aux petites filles (et petits garçons, mais cela me semble moins présent chez eux) à se tenir droites, à sourire, à ne pas tâcher leurs vêtements. Parce qu’il faut être présentable, que les gens vous voient bien: on doit toujours faire bonne impression.
large         
Mais parfois on a pas envie. Parfois on voudrait juste avoir les cheveux dans le visage et qu’on nous foute la paix. Bien sûr l’exemple est ridicule, mais tout part de cela.
Ma mère a ajouté, voyant qu’une amie était d’accord avec elle, « tu vois, on est deux à le penser… » comme si le fait que cet avis était partagé signifiait que je devais forcément le prendre en compte.
J’adore ma mère et je sais que ses intentions étaient honorables mais j’ai trouvé sa réflexion assez faible sur le moment, et j’étais pas mal colère.
Tout comme lorsque le lendemain une charmante gamine m’a fait remarqué avec une grande délicatesse que j’avais « un gros noeud dans les cheveux LÀ » et que mon collant était « troué ICI« .
Ce n’était pas bienveillant, c’était juste pour me faire remarquer que je n’avais pas fait tout ce qu’il fallait pour correspondre aux normes de jenesaisquelprincipe bidon qui fait qu’on ne peut pas se ronger les ongles, mettre les coudes sur la table ou sortir avec du mascara sur la paupière.

C’est pas un coup de gueule que je passe là, j’aimerais juste m’assurer que je ne suis pas la seule à être soulée de devoir plaire, autant par mon physique que par mon attitude.
Ça peut paraître un problème minime, et ç’en est sans doute un, mais c’est de cela que découlent beaucoup de choses graves, comme l’hypersexualisation, les normes de beauté et tout ce qui s’ensuit d’étiquettes que nous colle la société et de complexes qui viennent avec.
D’ailleurs j’en parlerai. Enfin, si ça vous intéresse. Il y a beaucoup à dire, sur le narcissisme 2.0, les contraintes de notre société et la sacralisation du corps et de l’image.
J’espère que c’était pas trop long/agressif/useless
Moi je vous keur, que vous vouliez me plaire ou pas.
(svp donnez moi vos avis je fais pas la pêche aux commentaires mais c’est tellement plus intéressant quand on interagit!)

une mer d’amour

largeJe ne sais pas si je suis quelqu’un de bien,
mais si je le deviens, c’est de ma mère que je le tiens.
Je ne veux pas être mère, mais je veux bien être comme la mienne.
Je ne suis pas capable de m’aimer, mais elle je peux.
Je ne crains pas autant ma mort que la sienne.

En gros, je l’aime.

Je n’ai jamais parlé de mes parents, je me suis dit qu’il était temps.
Elle ne lira pas cet article, mais je sais pas, c’est comme une petite bougie qu’on allume dans une église quand on pense à quelqu’un. (bon je côtoie assez peu d’églises mais vous avez compris la métaphore) (la bougie sent le jasmin si vous voulez visualiser… enfin imaginer l’odeur… enfin voilà…)

Aujourd’hui c’est pas vous que je keur, c’est elle.
C’était court et gnangnan mais anniversaire oblige.
(promis je redeviens dark bientôt)
Il fallait bien que j’avoue mes sentiments avant d’avoir 16 ans.
Allez on se retrouve quand j’ai ma carte vitale.

Lili.